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Le Droit
samedi 5 avril 2008
On a trouvé un antidote à la morosité et à cet entêtement hivernal.
Il n’a pas un cheveu sur la tête et se déplace en complet foncé et en godasses. Son nom : Martin Matte.
Tous les fauteuils étaient occupés, hier soir, à l’intérieur de la salle Southam du Centre national des arts, pour la première en région de Condamné à l’excellence. Sachez une chose, l’humoriste sera de retour au même endroit, les 30 et 31 juillet. On vous suggère fortement de ne pas rater votre coup si vous êtes dans le coin. Sa prestation, sans entracte, dure plus de 90 minutes et il y a peu de moments de répit.
Martin Matte était attendu et avec énormément d’impatience. Il avait donné son premier spectacle en carrière à 350 reprises et devant plus de 250 000 spectateurs. Un chiffre qu’il devrait aisément reléguer aux oubliettes, car il a déjà vendu 200 000 billets pour sa deuxième tournée.
Un phénomène ?
Si, un phénomène et on a compris pourquoi, il y a quelques heures. Avec lui, le rire est omniprésent et les échanges entre la vedette et les spectateurs, pour le moins amusants. Parlez-en à trois d’entre-eux, arrivés un peu en retard et à un couple, parent d’un enfant âgé de deux semaines.
L’humoriste traîne la réputation d’être à la fois baveux, irrévérencieux, arrogant et prétentieux. Et oui, il est tout ça à la fois. Il est surtout très drôle et il peut compter sur des textes bien tournés et très imagés.
Après s’être proclamé le meilleur humoriste de la planète et espérer un jour, se planter la gueule sur la scène afin de savoir ce que les autres vivaient, il a convié les spectateurs dans son univers familial où gravitent ses deux enfants et sa blonde. Place alors aux divergences entre lui et sa conjointe à propos des méthodes d’éducation. Un véritable feu roulant, ce monologue d’une douzaine de minutes.
Le voici ensuite dans un numéro sur la vasectomie où il parvient à se tenir loin de la vulgarité. Puis, un autre sur les vendeurs de fenêtres. Il nous a également parlé de sa famille, religieuse il y a plusieurs années et beaucoup moins, récemment.
Pour sa tournée initiale, « Histoires vraies », Martin Matte proposait un monologue touchant et inspiré par son grand frère, victime d’un traumatisme crânien, lors d’un accident de la route, en 1986. Depuis, il n’a ni inhibition, ni mémoire et il requiert une attention 24 heures sur 24 et sept jours par semaine.
Il récidive cette fois-ci avec un vibrant hommage à son père, décédé en 2002. Ici, l’artiste carbure autant à l’humour qu’à l’émotion. Il est capable de faire rire, surtout lorsqu’il éprouve une perte de mémoire, « j’ai fait ça pour vous prouver que j’étais humain, moi aussi ». Il peut aussi avoir l’âme à la tendresse tout en gardant le cap sur l’humour, en lisant une lettre justement écrite à son paternel. « Tu étais beau et fort et les gens appréciaient ta réussite. Je t’ai aimé, je t’ai détesté, mais je ne t’ai jamais oublié. »
Sur ce, la photo du père est apparue à l’écran, avant d’entendre Matte interpréter une chanson, avec autant de fausses notes que le classique « C’est Noël », de Paul et Paul.
« J’ai tous les talents », a-t-il enchaîné avant de passer à un clip sur son Noël de 1973 et d’oser un parallèle entre les années 1970 et le temps présent.
Tout simplement pissant.